Commodore Callback 8020 : le téléphone qui tue les réseaux sociaux (et réveille nos souvenirs)

Commodore Callback 8020 prix date de sortie On se souvient tous de cette époque. L’époque où décrocher son téléphone signifiait vraiment décrocher un téléphone. Pas déverrouiller un écran, pas balayer des notifications, pas se perdre dans un labyrinthe infini d’algorithmes conçus pour capturer notre regard. Juste… parler. Puis raccrocher. Alors quand j’ai vu que Commodore ressuscitait — oui, le Commodore de nos enfances, celui du C64, des heures passées sur Boulder Dash et des cassettes qui mettaient une éternité à charger — avec un téléphone, mon sourcil s’est levé. Un smartphone Commodore ? Mais en y regardant de plus près, c’est presque le contraire. Le Commodore Callback 8020, annoncé mercredi, n’est pas un smartphone comme les autres. C’est même un peu un anti-smartphone. Enfin, un « not dumb dumbphone », comme ils disent. Et là, je dois avouer que le concept m’intrigue.

L’idée : couper le bruit, garder l’essentiel

Le pari est audacieux. Sous le capot, le téléphone tourne sous Sailfish OS, un système qu’on ne croise pas tous les jours dans la poche des gens. Et surtout, il bloque à la racine les navigateurs web, les réseaux sociaux, les mails, les applis pro. Impossible de tricher, de contourner, de se dire « juste un petit coup d’œil à Instagram ». Non. Mais attention, ce n’est pas un téléphone pour ermites non plus. Commodore a eu la bonne idée de garder un accès à certaines applis Android bien précises. WhatsApp, Signal, Telegram pour communiquer. Spotify pour la musique. Uber et Google Maps pour se déplacer. Le quotidien, quoi. Sans le bruit de fond. Je dois dire que cette approche me parle. Parce que soyons honnêtes : combien de fois avons-nous attrapé notre téléphone pour vérifier un message et, vingt minutes plus tard, on se retrouve à regarder la recette des brownies végans d’une influenceuse australienne ? (Ce n’est pas arrivé à un ami, c’est arrivé à moi.) Commodore Callback 8020 flip phone

Une gorgée de nostalgie, un soupçon de modernité

Le design ? Un clamshell, oui. Ces flip phones qu’on croyait relégués aux musées de la tech et aux souvenirs d’adolescence. Un écran interne de 3,25 pouces, un petit écran externe qui rappelle les calculatrices Commodore, je trouve le clin d’œil charmant, personnellement. Et les détails, justement, sont savoureux. La saisie T9 (qui me donnera probablement des crampes au pouce, mais quelle madeleine de Proust !), la batterie amovible (ENFIN), la prise jack (pour les puristes comme moi qui n’ont pas encore cédé au culte du sans-fil), la radio FM, des filtres rétro caméscope. Et les ringtones inspirés du SID de la vieille machine ? Eh bien, je suis déjà en train de sourire bêtement en y pensant.

Sous le capot, ça tient la route ?

Ne nous méprenons pas, sous ses airs vintage, le Commodore Callback 8020 n’est pas une brique technologique. Processeur MediaTek Helio G81, 4 Go de RAM, 64 Go de stockage extensible. Rien d’exceptionnel, certes, mais suffisant pour faire tourner ce qu’il a à faire tourner. Le capteur photo Sony 48 mégapixels promet des clichés honnêtes, et les puces audio ESS/Cirrus Logic devraient ravir les oreilles exigeantes. Moi qui ai toujours trouvé honteux qu’on sacrifie la qualité sonore au profit de l’épaisseur du téléphone, je salue ce choix. Commodore Callback 8020 smartphone a clapet

Entre 499 et 640 dollars : un prix qui interroge

Bon, parlons argent. Le ticket d’entrée n’est pas donné : de 499 à 640 dollars selon la finition (BASIC Beige, ProtoPET White, SX Silver, Starlight translucide ou la luxueuse Founder’s Edition). C’est le prix d’un smartphone milieu de gamme, voire d’un ancien haut de gamme. Est-ce que ça vaut le coup ? C’est la question que je me pose. Commodore, ou plutôt le créateur retro-tech Christian « Peri Fractic » Simpson (le projet est né de son désir personnel de réduire sa dépendance aux écrans après être devenu père et ça, je comprends), positionne l’appareil comme un second téléphone. Pour les weekends. Les moments en famille. Les pauses digitales. Mais c’est là que le bât blesse : combien de personnes peuvent s’offrir un deuxième téléphone à ce prix-là ? Le geste est beau, l’intention louable, mais la barrière financière est réelle. Commodore Callback 8020 telephone retro

Un objet de désir ou une vraie solution ?

Au fond, je crois que ce Commodore nous tend un miroir. Un miroir qui nous demande : « À quel point es-tu prêt à lâcher prise ? Et combien es-tu prêt à payer pour ça ? » Parce que c’est bien là le cœur du problème, non ? Les solutions de désintoxication numérique existent déjà. Des applications comme Freedom ou Forest, des modes focus sur nos smartphones actuels, des « digital minimalists » qui prêchent la bonne parole. Mais le faire au niveau du système d’exploitation, sur un objet physique qui respire la nostalgie, c’est une autre approche. Plus radicale. Plus engageante aussi. Je ne suis pas sûr que ce téléphone devienne un phénomène de masse. C’est un objet de niche, clairement. Mais peut-être que c’est justement ce qui fait son charme. Il ne s’adresse pas à tout le monde, et c’est très bien ainsi.

Petit bémol, toutefois

Je dois avouer que je suis un peu frustré par une chose : Sailfish OS, si j’ai bien compris, n’est pas forcément le système le plus fluide ou le mieux soutenu en termes d’applications. Et je me demande comment se fera la mise à jour des applis autorisées. Si WhatsApp change ses règles, si Google Maps devient incompatible… Est-ce que Commodore suivra ? Ou est-ce que le téléphone deviendra un joli presse-papier dans trois ans ? Bon, j’exagère peut-être. Mais quand on met 600 dollars dans un appareil, on a envie d’un minimum de pérennité. Commodore Callback 8020 fiche technique

En attendant juin…

Les précommandes ouvrent le 30 juin. Expédition prévue d’ici fin 2026. J’ai du temps pour réfléchir. Pour me demander si j’ai vraiment besoin de ça, ou si c’est juste l’enfant qui jouait au Boulder Dash qui parle. Ce qui est sûr, c’est que Commodore a réussi son coup médiatique : il a attiré mon attention, il a fait vibrer une corde sensible, et il m’a forcé à m’interroger sur ma propre relation à cet écran que je tiens dans ma main en écrivant ces lignes. Et peut-être que c’est ça, au fond, le vrai pari du Commodore Callback 8020. Pas de remplacer le smartphone, pas de sauver le monde de la dépendance numérique, mais de nous rappeler — avec un clin d’œil et une touche de beige vintage — que l’essentiel n’a pas toujours besoin de scroller.
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