MAKERphone 2.0 kit de construction telephone 4G avec IAAutant le dire tout de suite : je n’ai pas sorti le fer à souder. Je n’en ai même pas un qui fonctionne, en fait. Alors quand je suis tombé sur la campagne Kickstarter du MAKERphone 2.0, avec sa promesse d’un téléphone 4G entièrement fonctionnel assemblé en deux heures, sans aucune soudure, juste avec un tournevis… j’ai haussé un sourcil. Puis j’ai regardé la fiche technique. Puis j’ai commencé à imaginer le truc sur mon bureau. C’est mauvais signe.

Le principe : CircuitMess, la boîte croate fondée par Albert Gajšak, expédie une boîte de pièces détachées. Carte mère, écran, clavier numérique, joystick de navigation, batterie. Tout arrive en vrac. On suit un manuel illustré qui ressemble à une notice de Lego, et — d’après la campagne, hein, je ne fais que lire — deux heures plus tard, on a un téléphone dans les mains. Pas un prototype qui clignote dans le vide. Un vrai. On glisse une nano-SIM, et il accroche la 4G. Appels, SMS. Sur le papier, ça fonctionne.

La première génération sortie 2018, demandait sept heures de soudure et coûtait plus cher. Là, tout s’emboîte ou se visse. La différence est loin d’être anecdotique : c’est ce qui transforme un projet de geek pour geek en quelque chose que je pourrais, disons, envisager de faire avec un adolescent sans risquer de l’envoyer aux urgences. Ou de m’envoyer moi-même aux urgences, d’ailleurs.

Sous le capot, ce n’est pas un smartphone

Il faut remettre les choses à leur place. Le MAKERphone 2.0 n’est pas un smartphone au rabais. C’est un téléphone à clapet spirituel (même s’il ne se clappe pas), avec un écran couleur de 1,77 pouce, une définition de 160×128 pixels, et un clavier numérique mécanique comme au bon vieux temps du T9. Pas d’Android. Pas d’iOS. Pas d’app store. Il tourne sur un microcontrôleur ESP32-S3, avec 4 Mo de flash et 4 Mo de PSRAM, et il n’a même pas besoin de système d’exploitation pour fonctionner.

C’est déroutant, au début. Enfin… je suppose. On cherche l’écran tactile. On cherche Instagram. On ne trouve ni l’un ni l’autre. À la place, il y a un lecteur de musique, un appareil photo (si on prend le module), un calendrier, des notes, et une poignée de jeux rétro. Et honnêtement ? Mon côté geek fatigué des notifications trouve l’idée reposante. Pendant trois jours, pas une seule alerte. Le vide. Bon, je ne l’ai pas vécu avec l’appareil en main, mais l’argument me parle.

Les modules : le vrai terrain de jeu

Le port UMAX, sur le côté, permet de clipser des modules supplémentaires sans rien reprogrammer. La fiche produit annonce que le téléphone les détecte et ajoute la fonction au menu. Module caméra (photos pixelisées, c’est assumé), haut-parleur plus puissant, lampe torche. Il existe aussi un capteur de température et d’humidité, un émetteur infrarouge pour piloter une télé, et une carte perforée vierge sur laquelle on peut souder son propre circuit.

C’est là que l’objet devient intéressant. Pas en tant que téléphone. En tant que plateforme matérielle que l’on peut malmener, ouvrir, refermer, et dont on comprend enfin ce qu’il y a à l’intérieur. Parce qu’après l’avoir monté soi-même, on n’a plus la même relation avec la bête. On sait où est la batterie. On sait à quoi ressemble le modem. On a vu les entrailles avant de voir l’écran s’allumer. Enfin, “on”… ceux qui l’ont monté. Moi, je me contente de trouver l’idée très bonne.

VibeBoy : l’IA qui écrit du code (mais qui vous apprend à le lire)

CircuitMess a ajouté une couche logicielle qui mérite qu’on s’y attarde : VibeBoy. C’est un outil de programmation assistée par IA, accessible depuis un ordinateur. Le principe : vous décrivez en anglais courant ce que vous voulez que le téléphone fasse (« un jeu où un taco esquive des cornichons qui tombent »), et l’IA génère le code Python correspondant, que vous pouvez ensuite envoyer sur le téléphone en un clic.

Alors oui, on peut voir ça comme une énième béquille pour ne pas apprendre à coder. Mais l’outil est pensé dans l’autre sens : il y a quatre niveaux, du « Pixel Rookie » au « Vibe Coder », et l’objectif affiché est de vous amener à lire, modifier, puis réécrire le code généré par vous-même. Pour les puristes, on peut toujours coder en MicroPython ou en Arduino C++ directement, sans passer par la case IA. Les deux approches ont leur charme. Le mode « classique » me rappelle mes cours de techno. Le mode VibeBoy me ferait générer un jeu idiot en trois minutes. Les deux sont utiles, à des moments différents.

Le prix, et ce qu’on achète vraiment

Sur Kickstarter, le kit de base était proposé à 129 dollars (avec trois mois de VibeBoy Pro inclus), pour un prix de détail annoncé à 169 dollars. Il existe des pledges plus chers avec la MAKERband, une montre connectée à assembler soi-même, ou le Pro Module Pack, qui ajoute notamment la communication par LoRa (texto sans SIM, sans Wi-Fi, sans antenne relais).

Est-ce que ça vaut le coup ? Si vous cherchez un téléphone principal, non. Évidemment. Si vous cherchez un objet pédagogique pour comprendre comment fonctionne un téléphone, ou un premier téléphone pour quelqu’un à qui vous voulez épargner les réseaux sociaux pendant quelques années, l’argument tient la route. Le MAKERphone 2.0 ne remplacera pas votre iPhone. Mais après l’avoir monté, vous regarderez votre iPhone avec un léger sentiment de distance. Comme si vous saviez enfin ce qu’il y a derrière la vitre. Et ça, ce n’est pas rien.

FAQ : MAKERphone 2.0

Faut-il savoir souder pour assembler le MAKERphone 2.0 ?

Non. Contrairement à la première génération qui demandait environ sept heures de soudure, le MAKERphone 2.0 s’assemble sans fer à souder. Les pièces s’emboîtent, se vissent ou se clipsent, et l’assemblage est annoncé autour de deux heures.

Le MAKERphone 2.0 peut-il passer de vrais appels ?

Oui. Il suffit d’insérer une nano-SIM pour qu’il accroche la 4G LTE (avec fallback 2G) et permette de passer des appels et d’envoyer des SMS. Ce n’est pas un smartphone Android ou iOS, mais un téléphone à clavier fonctionnel.

Quels langages de programmation peut-on utiliser ?

On peut coder en MicroPython ou en Arduino C++ directement. CircuitMess propose aussi VibeBoy, un outil d’IA qui génère du code à partir de descriptions en langage naturel, avec quatre niveaux d’apprentissage.

Quel est le prix du MAKERphone 2.0 ?

Le kit de base était proposé à 129 dollars sur Kickstarter (avec trois mois de VibeBoy Pro), pour un prix de détail annoncé à 169 dollars. Des offres early bird ont existé à partir de 119 dollars.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You May Also Like

Xiaomi lance POCO F1: Phablet Haut de Gamme à partir de 300€

Vous l’attendiez peut-être, Xiaomi vient en effet de l’annoncer officiellement, il s’agit…

Motorola Droid RAZR M 4G LTE: Photo et Fiche Technique (Leak)

Plus connu sous la référence Motorola XT907, le nouveau Motorola Droid RAZR…

Nokia 5250: Nouveau Smartphone Entrée de Gamme

Un nouveau téléphone mobile tactile vient de faire une apparition sur le…

HTC Mozart: 1er Windows Phone 7 pour Octobre

Les futurs smartphones pour 2010 sous l’appellation Windows Phone 7 devraient débarquer…

Tonino Lamborghini Spyder: Téléphone Mobile de Luxe à 2000€

Dans la série je demande un téléphone de luxe hors de prix,…

PayPal pour Mobile Android G1 (Gratuit)

L’application PayPal est désormais disponible pour mobile G1 ou HTC Magic. Vous…